LA NEPT

NEPT = Nicotine à l’état pur transdermique

De nombreuses études ont montré une incidence plus faible de la maladie de Parkinson (MP) chez le fumeur. (Baron 1996)

Une méta analyse de 4 cohortes et 44 études a montré une diminution de 40 % du risque de développer la maladie de Parkinson chez le fumeurs comparé au non fumeur (Hernan et al 2002).

De plus l’étude de De Reuch et al (2005) suggère que fumer préviendrait l’apparition des complications motrices dans le groupe de patients atteints de la MP.

Les preuves actuelles montrent que la nicotine et certains de ses dérivés diminuent le stress oxydatif  et la mort neuronale dans le cerveau et améliorent la plasticité synaptique et la survie neuronale des neurones et récepteurs dopaminergiques. In vivo, ces effets ont entraîné une amélioration de l'humeur, des habiletés motrices et de la mémoire chez des sujets souffrant de pathologie de la MP (Barreto 2015).
Sur le plan cognitif les résultats de l'étude de Holmes (2015) indiquent que la nicotine peut améliorer l'altération du traitement sémantique contrôlé chez les patients atteints de la maladie de Parkinson.

Une des hypothèses est que la nicotine aurait un effet en modifiant la composition du microbiote dans l’intestin et par conséquent réduirait l’inflammation intestinale depuis les cytokines pro inflammatoire qui sont produites dans les cellules gliales mésentériques (cellules nerveuses intestinales) (Derkinderen et al 2014). D’après cette théorie la diminution de l’inflammation induite par la nicotine serait responsable d’une diminution de l’agrégation de la protéine alpha-synucleine (corps de Lewy) dans le système nerveux mésentérique (digestif) et de sa propagation dans le cerveau.

De même l’étude de Tavassoly ( 2014) a montré que la liaison de la nicotine à l’alpha-synucléine provoque de grands changements conformationnels qui peuvent être liés à un effet neuroprotecteur de la nicotine dans la maladie de Parkinson.

L’effet neuroprotecteur du tabac a été de nombreuses fois attribué à la nicotine. La nicotine ralentirait la mort de certains neurones dopaminergiques qui dégénèrent dans la MP, en effet une étude observationnelle (Itti,Villafane) met l’accent sur un effet potentiel de la nicotine sur la densité du transporteur dopaminergique striatal qui peut être interprété comme un effet pharmacologique ou une décélération de la perte neuronale à hautes doses de nicotine selon l’âge de la maladie de Parkinson.

De nombreuses études montrent que les dommages nigrostrials affectent la signalisation dopaminergique médiée par les récepteurs nicotiniques ; donc l’effet neuro-modulateur thérapeutique du système cholinergique nicotinique peut offrir une nouvelle approche pour gérer la  MP.  En fait, il est prouvé que les médicaments nicotiniques peuvent être utiles comme agents neuro-protecteurs pour prévenir la progression de la maladie de Parkinson. D'autres études pré-cliniques montrent également que les médicaments nicotiniques peuvent être bénéfiques pour le traitement des dyskinésies induites par la L-dopa. (Perez, 2015).

La nicotine aurait un rôle de neuro-transmission, neuro-modulateur et neuroprotecteur.

La nicotine peut moduler la transmission de la dopamine et a des effets moteurs lorsqu’elle est associée à la dopamine ce qui réduit les dyskinésies L-dopa induites, dû à la diminution de la L dopa.

Les résultats des essais cliniques chez l’homme sont entravés par le faible nombre de patients recrutés et par le fait qu’ils ne sont pas contrôlés (nicotine vs placebo) et le manque de médecin formés à la nicotinothérapie.

La grande difficulté est d’établir un schéma thérapeutique et de définir la dose dans une maladie ou chaque patient a des symptômes différents (Villafane et al.).

La nicotine multiplierait les récepteurs nicotiniques ce qui permettrait l’ouverture des canaux calciques, ce phénomène s’appelle la dépolarisation, au niveau du striatum et du locus niger. Cela augmente le calcium intracellulaire. L’ouverture des canaux calciques correspond à l’ouverture du récepteur de la dopamine chez le patient parkinsonnien et du récepteur de l’acétylcholine chez le patient Alzheimer. La restructuration des récepteurs de la dopamine et de l’acétylcholine due à la multiplication de ces derniers redonnerait une meilleure fixation de la dopamine et de l’acétylcholine. Cette restructuration augmenterait la durée de vie des récepteurs ; on pourrait alors parler d’un effet neuro-protecteur de la nicotine.